BERGAMONTI Angelo.

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BERGAMONTI Angelo.

Message  Admin le Ven 28 Mai - 15:12

Angelo BERGAMONTI

Le sceau de l'angelo

Il avait un regard d'aigle, le courage des plus grands et perpétuait la belle tradition des immenses pilotes italiens. Avant de disparaître, Angelo BERGAMONTI aura le temps de démontré qu'il appartenait à l'élite...

Par Michel BIDAULT.

Il fut successivement pilote d'usine pour Morini, Paton, Benelli, Aermacchi et MV Agusta. Avant d'user le fond de son cuir sur les selles de ces bolides, Bergamonti franchissait bosses et ornières en motocross, discipline qu'il quitta au milieu des sixties pour se lancer dans la vitesse. Il faut croire que le bitume l'inspirait davantage que la terre: dès 1966, Angelo remporta son premier championnat d'Italie, aux bracelets d'une 175 Morini. La performance renouvelée l'année suivante incitera les dirigeant de la marque à lui fournir une 250 officielle, sur laquelle il triomphera en 1967, réalisant d'ailleurs le doublé, en étant également titré en 500 sur Paton. Coiffer une couronne en son pays revêtait une telle importance que bien souvent les épreuves du championnat du monde étaient sacrifiées, la priorité revenant aux victoires sur terre natale... Bergamonti en perda la vie à 32 ans, sur le circuit de Riccione, le 4 avril 1971. Avant cette tragédie, Angelo brandira un dernier sceptre, glané en 1970 sur la 125 Aermacchi. La bataille acharné à laquelle se livraient les constructeurs transalpins transcendait les pilotes locaux. De leurs luttes sortirent les plus grands pilotes et Bergamonti en faisait assurément partie, alliant à son talent naturel de réelles compétences mécaniques ainsi qu'un courage hors du commun, comme en témoigne son retour sur les pistes après une terrible chute au Grand Prix d'Espagne en 1967 (scénario reproduit en 1969, quand Angelo se pulvérisa en Yougoslavie). Une fois encore, personne n'imaginait le revoir sur une ligne de départ et pourtant, il puisa suffisamment de forces pour non seulement revenir, mais aussi gagner... Cette énergie comme ses coups d'éclat sur des machines la plupart du temps bien inférieures à celles de ses adversaires, surent séduire en 1969 le comte Domenico AGUSTA, à la recherche d'un ténor pour seconder Giacomo AGOSTINI. Le Maestro, seul dans son écurie depuis 1965, régnait alors en 350 et 500 sur des invincibles MV; il fallait donc une pointure à sa mesure pour l'aiguillonner, voire le remplacer en cas de blessure. Ainsi fut prise la décision de contacter Angelo BERGAMONTI, qui s'empressa d'accepter, malgré le contrat le liant au prince Borghese, alors amiral du navire Aermacchi/Harley-Davidson. Un accord ne tarda pas à être trouvé, et Berga pu réaliser le rêve des champions d'alors: piloter une MV.


A. Bergamonti N°6 G. Agostini N°1 sur MV Agusta MV-3 Imola 1970

Il testa d'abords l'ancienne quatre-cylindres à Monza et Modène puis passa, émerveillé, aux trois pattes. Très vite conscient qu'avec de telles montures son seul rival deviendrait son compagnon de team, Angelo sut attendre son heure. D'abord second en 350 et 500 au Grand Prix des Nations derrière Ago, il patientera jusqu'à la manche de Jarama à laquelle son chef de file, déjà titré, ne participait pas, pour réalisé le doublé et ainsi s'offrir ses deux premières victoires en championnat du monde! Son comportement et ses résultats ravirent toute l'équipe MV, et le bail fut prolongé jusqu'en 1972...



Angelo parmi les anges

La maudite année 1971 commença pourtant bien, Bergamonti nouveau chouchou des tifosi, avait dominé outrageusement ses compatriotes à Modène et à Rimimni. Ce seront ses ultimes victoires. Engagé à Riccione, les conditions météorologiques épouvantables laissaient supposer une annulation pure et simple de la course. Malgré le déluge (précipitations exceptionnelles, trombes d'eau et vent violent), les officiels laisseront partir les concurrents. Après un mauvais départ, Berga parvint à lancer sa 350 en deuxième position derrière Agostini. L'occasion était trop belle et l'écart entre les deux champions se réduisait davantage à chaque boucle, jusqu'au moment ou Angelo s'adjugea le record du tour... au septième passage, peu avant de porter son attaque sur Agostini qui ne disposait plus que de trois secondes d'avance, Berga partira en aquaplaning et glissera sur 200 mètres avant de heurter un pylône. Transporté à l'hôpital local, le pessimisme diagnostic allait se confirmer à l'unité de Bologne, ou il fut transféré le soir même. Multiples fractures aux bras et aux jambes, ainsi qu"un considérable traumatisme crânien, le regard d'aigle d'Angelo s'envolera pour toujours peu avant minuit. Avec lui disparaîtront les circuits en ville, interdits en Italie après ce drame. Le comte Domenico AGUSTA s'éteindra deux mois plus tard. Une page se tournait, mais l'image de l'opinîatre Angelo BERGAMONTI, virtuose des pistes sur les plus belles motos italiennes, demeurera à Jamais.



Source Moto Revue N°3804 S
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